Shadowbeat - La Tridéo

"Beaucoup de masques différents mais toujours les mèmes visages derrière ..."
- Jon Botha, reporter freelance

"Alors, je la regarde et je lui sors : Chérie, change donc de chaine ! Ils passent encore une série à la noix au milieu de ma page de pub"
- un consommateur anonyme

 

Aperçu Historique : les médias en amérique du nord
Dans les années 1960, l'ensemble des médias TV, radio et papiers qui existaient aux USA avoisinait les 25.000, dont plus de 80 % étaient indépendants des grandes compagnies. En 1980, le même pourcentage s'appliquait aux médias qui étaient incorporés dans des holdings ou des trusts. Lorsque la pèche aux médias s'acheva durant les années 2020, 23 corporations détenaient plus de 90 % des sources d'informations au monde et la situation n'a pas changé depuis, sauf que maintenant les 23 ne sont plus que 20 à se partager le gateau sur toute la planète.

La Tridéo
Nous parlerons principalement de ce média parce qu'il représente à lui tout seul plus de 80 % des canaux d'informations dont dispose le public.

Les grands médias tridéovisuels font officiellement de la tridéovision gratuite (Free 3V) en finançant leurs programmes gràce à la publicité. Sur une heure de programme, environ 25 minutes en moyenne sont occupées par des pages de pub, quand on n'a pas tout simplement des émissions publicitaires entrecoupées d'extraits de séries ou de clips pour maintenir le public devant l'écran.

En plus de leurs prestations publiques, les grandes chaines de la tridéo (on utilise le terme de "majors" depuis le siècle dernier) proposent, moyennant finances, des accès de type "premium" ou les pages de pub sont réservées à la chaine elle-même (donc quasiment inexistantes) parce que votre abonnement finance la diffusion. 

Pratiquement tout ce que veulent les majors peut être diffusé sur la tridéo. La seule instance de contrôle, l'Internetwork Transmission Control Council (ITCC) est plus ou moins sous la coupe des majors et son rôle essentiel est en fait de maintenir la concurrence à l'écart des gros marchés nord-américains. L'ITCC exerce son autorité dans les UCAS, les CAS et la Californie mais le Québec et les NAO ne sont pas à l'abri de son influence, principalement par le biais de ses maitres corporatistes.

Depuis l'Acte des Télécommunications de 2027, l'ITCC considère officiellement qu'un programme tridéodiffusé est légal dans sa juridiction à partir du moment ou il l'est également dans son pays (ou sa corpo) d'origine ... dans la pratique, maintenir la concurrence à sa place en bas du podium est la seule règle.

Les Majors
Contrairement à la plupart des sociétés et compagnies, les médias se permettent souvent de nommer leurs sponsors et propriétaires. Après tout, ils ont investi dedans pour avoir un plus grand contrôle de l'information distribuée au public, pas vrai ? Un peu de pub ne fait jamais de mal de toute manière ... alors, suivez bien ce qui va suivre, vous en saurez rarement autant sur qui possède quoi.

ABS ( American Broadcasting System, UCAS)
Une filiale de Transnational Communications (bases de données et service fax), récemment rachetée par Morgen-Tek Gmbh, une étoile montante de la nanotechnologie sous la coupe de Saeder Krupp Heavy Industries. On y parle un peu plus des affaires extra-américaines et en particulier européennes que sur les autres chaines.

CBC (Confederate Broadcasting Company, CAS)
Bien qu'indépendante, cette compagnie confédérée est partiellement contrôlée par plusieurs géants japonais comme Yomiuri (20 %) et Mitsuhama (18 %) ainsi que Fuchi qui a racheté leurs studios de simsens à Atlanta en 2049. Apparemment, tout le monde est heureux de la situation et les programmes n'ont pas changé le moins du monde depuis (ca signifie qu'ils sont toujours insipides mais vous attendiez vraiment autre chose ?).

NABS (Native American Broadcasting System)
Contrôlée par les NAO (principalement la Nation Sixou et le CCP), cette chaine n'est pas membre de l'ITCC et ressemble beaucoup à l'ancienne Public Broadcasting Systems, la défunte chaine publique des USA. NABS a également plusieurs sponsors corporatistes mais c'est une des chaines qui laisse la plus grande marge de maneuvre à ses journalistes, à condition qu'ils aient des preuves solides de ce qu'ils avancent.

NBS (Northamerican Broadcasting System, UCAS)
Entièrement contrôlée par Ares Global Entertainment, elle même sous la coupe de Ares Macrotechnology Inc., NBS est la chaine la plus "politiquement correcte" de tout le réseau nord américain : la corporation a toujours raison, elle est le fidèle allié de votre gouvernement, faites ce qu'ils vous disent et tout se passera bien, c'est la vérité vraie, croyez nous. A compter de 2057, les liens de plus en plus étroits entre Ares et la présidence des UCAS ne font que renforcer cette situation.

NewsNet (CAS)
Lorsque le milliardaire texan Ted Turner était vivant, il fonda la Turner Network Television comme centre de son labyrinthe corporatiste personnel. Il le fit au moment ou les mégacorpos se ruaient sur le reste et les statuts de la compagnie déclaraient très officiellement qu'elle serait "un bastion de la presse libre dans un monde ou la liberté est constamment attaquée".

NewsNet est la nouvelle incarnation de l'œuvre de cet homme qui a passé l'arme à gauche il y a un bon moment. Son complexe réseau presque paranoiaque de défenses juridiques et financières fonctionne comme au premier jour et la chaine est le seul major indépendant de tout contrôle corporatiste ou gouvernemental. Newsnet est donc la seule mégacorporation de la tridéo en amérique du nord et possède même des parts conséquentes de ses principaux concurrents.

En conséquence, NewsNet possède la politique éditoriale la plus controversée de tous les majors. La compagnie ne craint personne et possède un bataillon d'avocats de renommée mondiale. Bien sur, la soupe habituelle est très présente sur NewsNet mais c'est la seule chaine qui vous propose parfois quelque chose qui soit vraiment du journalisme.

OTQ (Organisation Trividéo du Québec, Québec)
Aux tous débuts de l'indépendance du Québec, la présidente Céline DeGaulle (sans aucun liens avec un homonyme célèbre ...) procéda à la nationalisation des petites chaines de télé locales pour en faire une organisation qui servirait les intérets du gouvernement dans et hors des frontières du pays. Actuellement, l'OTQ monopolise encore toutes les émissions légales au Québec, ce qui ne laisse aucune place aux indépendants officiels.

L'OTQ passe la soupe commerciale habituelle mais toute sa ligne éditoriale est contrôlée et censurée par le gouvernement.

PBN (Public Broadcasting Network, UCAS)
En 2005, l'ancien réseau public PBS fut privatisé et seule une faible proportion parvint à maintenir son indépendance des grandes corporations. En 2017, le gouvernement des USA décida de récupérer les restes de PBS pour fabriquer une nouvelle chaine publique, dont le rôle essentiel serait de servir d'outil de propagande et "d'information citoyenne". En cette année 2017 ou les conséquences de l'assassinat des présidents américains et soviétiques de 2016 se faisaient encore sentir et ou les rebelles indiens commençaient à prendre le dessus, l'idée semblait à tout le moins appropriée.

Au moment de la Grande Danse Fantôme, PBN servit essentiellement à hisser le président Jarman sur un piédestal de gloire imméritée et à dénigrer la puissance des chamanes indiens à coups d'experts scientifiques chargés de minimiser l'affaire. Ce qui fut bien plus ridicule qu'efficace ...

Aujourd'hui, PBN fait surtout dans les reportages culturels et artistiques avec de nombreuses coupures publicitaires vantant les mérites de sponsors corporatistes. Pour le reste, la chaine demeure un forum de libre expression pour toutes les personnes qui défendent des opinions jugées acceptables par le gouvernement et l'ITCC ...


LES INDEPENDANTS
Même dans un oligopole comme le marché de la tridéo, il reste un peu de place pour des joueurs mineurs sous licence. Environ 99 % de ces indépendants respectent scrupuleusement les règles édictées par l'ITCC et le reste demeure sur le fil du funambule. Bien sûr, certains "indépendants" appartiennent en fait corps et àme à un ou plusieurs majors, mais c'est ça la libre entreprise.

Il existe trois types d'indépendants légaux :

- les commerciaux : des répliques des majors mais en plut petit et avec le même genre de daubes.

- les spécialisés : des chaines dédiées aux sports, à la pornographie, aux échecs, aux documentaires zoologiques, aux Desert Wars et tout ce que vous pouvez imaginer d'autre.

- les autres : c'est à dire financés par des particuliers richissimes ou des gouvernements locaux. Par exemple, KPUB de Seattle est une chaine qui parle des manifestations culturelles dans le 'plexe et des statistiques et rapports officiels de la municipalité. Certains indépendants financés par des fondations ou des milliardaires font parfois dans les scoops que les autres chaines font tout pour enterrer ou les révélations fracassantes mais la plupart se contentent de passer des séries à la limite de la légalité.

 

LES PIRATES
Techniquement, seuls les pirates locaux, c'est à dire émettant dans le territoire des UCAS sont de véritables pirates car opérant : a) sans licence et b) sans approbation légale du contenu de leurs programmes.

De fait, si vous émettez par satellite ou depuis l'autre coté de la frontière, du moment que vous existez légalement là ou vous vous trouvez, les UCAS ne pourront pas faire grand chose, même si vous passez tout ce qu'ils détestent. Et les corpos ont vite trouvé l'avantage de ce système.

Du coup, les véritables pirates de la tridéo sont souvent des petites stations locales qui font dans la propagande subversive ou émettent des émissions tellement violentes et/ou pornographiques que même les règles plutôt souples de l'ITCC dans ce domaine les interdisent.

 

LE CONTENU DES PROGRAMMES
Nous ne la nommerons pas mais il existe au moins une série tridéo qui est écrite entièrement par ordinateur. Après tout, il suffit d'avoir un système expert capable de faire le tri dans un siècle de séries télévisées et d'indices d'écoute pour savoir faire ce qui sera le plus regardé et de faire ensuite un peu de sampling pour avoir un épisode "équilibré". Le gag, c'est que cette série anonyme s'est vue à plusieurs reprises perturbée par des erreurs informatiques avec des fins d'épisode survenant avant l'épisode les ayant précédé et ce genre de choses. Le gag, disions nous, c'est justement que la quasi-totalité des fans de ladite série ne s'en sont même pas rendu compte ...

Action/Aventure
Durant ces dernières années, les séries racontant les exploits de mercenaires ou d'unités militaires connurent leur heure de gloire mais la plupart descendent désormais régulièrement dans les charts, à l'exception de "Money Warriors" (ABS) qui parvient à se maintenir au top 20 en septième saison et parle d'un groupe de mercenaires plus ou moins "moralement correct".

L'an dernier, "Protector" (ABS) a fait un véritable tabac en racontant les exploits d'agents de la sécurité et nous avons maintenant divers clones comme "Bright Lights" (NBS) et "Shadowbreakers" (CBC) ou chaque semaine le spectateur peut voir de nobles et courageux agents de sécurité de corporations fictives repousser les assauts de hordes de loubards et de shadowrunners pervers shootés aux puces BTL.

Dans le registre action/aventure, parlons également de "Tyee", une production des NAO racontant les exploits du célèbre chef Thunder Tyee durant les années précédant le Traité de Denver. La série vous permet de suivre un tas d'argumentations écolo-ethnologiques développées par de courageux guerillos rouges sous-équipés qui affrontent les odieuses agences gouvernementales des USA. Sans parler des effets spéciaux très spectaculaires lorsque la Grande Danse Fantôme s'abat sur les visages pàles environ 10 mn avant la fin de chaque épisode.

Comme on s'en doute, la magie intervient beaucoup dans les séries Action/Aventure. La plupart ont d'ailleurs dans le cast un magicien en tant que second  rôle mais aucune série n'est parvenue à se maintenir au top en ayant un magicien comme personnage principal.

Le second rôle typique du mage est une espèce de mec patibulaire ou glacial qui cache en fait un cœur d'or sous une apparence de granit, ce que le jargon tridéovisuel appelle un "Spock" en référence à une des premières astuces du genre.

De leur coté, les chamans dans les séries destinés aux anglos sont généralement représentés comme involontairement comiques et ridicules ou sont les méchants de l'histoire : pervers, dévoyés et prèts à tous les coups tordus. Les séries produites par les NAO incluent par contre souvent des chamans sages et vénérables qui servent à conseiller le héros nettement plus juvénile et orienté sur l'action physique.

Jeux Tridéovisés
Les jeux de type Trivial Pursuit ont connu leur heure de gloire mais chutent de plus en plus dans les indices. Par contre, certains sont parvenus à persister en mélangeant action et questions.

Les jeux ayant le plus de succès sont ceux impliquant des participants devant patauger dans des baignoires de gélatine ou autres épreuves humiliantes pour que les meilleurs puissent alors tenter leur chance dans une version spéciales des divers jeux de société ou d'argent afin qu'un seul gagnant reparte avec des sommes d'argent proprement astronomiques. Parmi ce genre de spectacles, on compte "Lucky Lady" (ABS) et "Galloping Cubes" (CBC).

Depuis que NBS a fait une percée monumentale gràce à "Do You Feel Lucky ?" en 2038, de plus en plus de jeux incluent des appels au hasard chez des tridéospectateurs afin de leur poser des questions relatives à ce qui s'est déjà passé dans l'émission, avec quelques récompenses intéressantes à la clé. Du coup, tout le monde reste rivé devant l'écran ... juste au cas où.

Cette année, ABS vient de s'aventurer dans des territoires vierges avec "Knock, Knock" qui implique des questions très stupides opposant des joueurs-invités sur le plateau (subissant les humiliations habituelles) et des joueurs-spectateurs équipés de tridéophones. Le truc tordu dans "Knock, Knock" concerne justement ces tridéojoueurs. Si l'un d'entres eux perd, il est possible que rien ne se passe et qu'il quitte simplement la partie. Ou alors, on frappe à sa porte (d'ou le nom du jeu) et une horde de types saccage son appartement en filmant le tout en direct. En plus, les joueurs à domicile doivent signer une décharge avant de pouvoir jouer et s'engager à ne pas porter plainte contre la chaine ...

Jeux Mortels
La plupart du temps, les gagnants de jeu à la tridéo gagnent entre 10 et 20.000 nuyens, quelquefois plus mais jamais au dessus de 100.000 ny ou son équivalent.

Depuis 2050, des émissions pirates venues d'Aztlan montrent des jeux ou l'on risque beaucoup plus et ou l'on peut gagner des centaines de milliers de nuyens.

" Suerte y Muerte" met dans la même arène des criminels, des condamnés à mort et des citoyens ordinaires, le gagnant pouvant empocher un pactole de 100.000 nuyens ou tenter sa chance contre un des combattants sous contrat de la chaine, pour empocher dix fois plus. Les perdants qui sont parvenus à survivre gagnent des prix de consolation.

"Golden Glory" de son coté place 20 adversaires armés dans une zone sauvage ou urbaine truffée de pièges mortels. Tous ceux qui parviennent à en sortir vivants dans les 24 heures se partagent un prix de 25.000 Ny et ont leur place dans le show spécial mensuel "Hero Glory". Dans ce show, le principe est le même mais il faut obligatoirement éliminer ses adversaires car le jeu n'admet qu'un seul survivant ... qui empoche 1 million de Nuyens ! Des rumeurs assez répandues donnent à penser que parmi les innombrables candidats (20 par semaine et 1 seul survivant par mois), bon nombre ont été forcés de participer au jeu.

Sitcoms
Depuis les débuts de la télévision, les séries humoristiques ou sitcoms n'ont guère évolué, sauf que désormais elles sont un peu plus cyniques et violentes, ce qui ne les empèche pas d'être toujours classées dans la rubrique tous publics.

"Ca s'passe dans les Barrens" qui passe sur CBC est un bon exemple de sitcom : chaque épisode hebdomadaire accueille une guest-star venue d'une autre série qui doit jouer un rôle mineur dans "Ca s'passe ..." et invariablement mourir de manière atroce, tuée par les personnages réguliers de la série qui sont tous censés être des SINless psychopathes et allumés. La semaine dernière, c'était le tour de Faye Drummond qui jouait le rôle de l'assistante sociale enquétant sur une arnaque aux rations de survie minimum. Elle périt dans la chaine de fabrication des rations en question pour devenir un supplément protéinique sous les rires préenregistrés ...

De nombreuses séries illégales sont produites par des pirates de la tridéo et parlent principalement de bureaucrates mineurs (y compris sur le plan de l'intelligence) et de cadres corporatistes tyranniques mais très stupides. Les chaines officielles ne sont pas capables et ne souhaitent pas passer ce genre de choses mais si vous avez une bonne parabole satellite, essayez un peu de dégoter "I hate my boss" qui passe de temps en temps.

Dans "I hate my boss", vous pourrez suivre les tribulations de la famille du dévoué Marco Marconi, un chef de bureau placé sous l'autorité du monstrueux Mr.Shogayu qui pourrait être le cadre type japonais de n'importe quelle multinationale. En plus, les sitcoms abondent en magiciens ineptes ou maladroits et notre héros est bien évidemment harcelé par le mage de combat absolument veule qui lèche les bottes de son patron.

Des séries un peu plus douteuses mais tout ce qu'il y a d'officiel existent aussi, notamment des séries aux connotations racistes. Par exemples :

"Dans les égouts" passe sur CBC et vous montre tous ces orks et trolls bizarroïdes qui hantent les égouts d'Atlanta. A chaque épisode, ils ont un nouveau plan machiavélique pour s'emparer de la ville, ou piller un supermarché, ou arnaquer les norms mais vous connaissez tous ces troglodytes : ils sont tellement ineptes qu'à chaque fois, ils se plantent de manière particulièrement grotesque. La série est également pleine de gags odieux sur la vie dans les égouts et l'association Mothers of Metahumans (MOM) vient de lancer une campagne de protestation sur tout le territoire américain pour que l'on arrète de diffuser cette horreur.

Dans le même registre, "Glerethiel Morkhan Shoam" est produite par un studio de Tir Tairngire et vous parle d'un elfe noble de Portland qui doit constamment faire face aux hordes humaines du voisinage qui squattent son jardin, pissent dans son étang privé et tout un tas d'autres choses qui les font ressembler aux orks et aux trolls de "Dans les égouts". En plus, une bonne partie des gags sont en sperethiel et le titre de la série est censé avoir au moins trois significations possibles parmi lesquelles "le gardien des singes", "la reproduction aléatoire est source de débilité" et dieu sait quoi d'encore plus fasciste. Le pire avec "Glerethiel Morkhan Shoam", c'est que tous les mômes des autres métatypes qui rèvent d'être des elfes adorent littéralement la série ...

Soaps
Le temps a passé depuis Dallas et ses nombreux clones mais les soaps existent toujours, avec des intrigues politico-romantico-financières à dormir debout pouvant se prolonger de manière pratiquement indéfinie. Le tout demeurant bien évidemment dans les limites du politiquement correct.

Un très bon exemple est "Au revoir, à demain". Dans le dernier épisode diffusé de ce soap, le courageux sarariman Ted Hogan est consterné de voir surgir son beau-frère Martin, un samouraî cablé à mort qui menace de révéler le passé de sa femme dans les rues crades si Ted ne l'aide pas à monter une shadowrun contre sa propre corporation. Ted décide (bien sûr ...) de ce confier à Joe Prentice son supérieur responsable et compréhensif. Prentice et la pulpeuse chef de la sécurité Amanda Webb promettent de tendre un piège à Martin et de garder Ted dans la compagnie, bien qu'une mutation à un poste un peu moins sensible soit inévitable. Les choses se compliquent lorsque la femme de Ted apprend  sa liaison avec Amanda Webb qui malgré toute son efficacité et ses implants demeure une femme sensible comme les nénettes de la sécurité ne le sont jamais en réalité. En plus, la sublime Amanda est constamment harcelée par Ivan Merov, le mage de combat lubrique au service du cadre William Candless qui a pour sa part des vues sur le poste de Joe Prentice et sur la femme de Ted, et ainsi de suite ...

Les soaps sont les seules séries officielles ou l'on peut constater que les cadres corpos ne sont pas systématiquement dépeints comme des costards modèles et dévoués. Mais, mais, mais ... un cadre sup qui serait le salaud de l'histoire est TOUJOURS un espion infiltré par une organisation terroriste ou une corpo rivale. Il s'agit donc d'un traitre individualiste qui ne mérite pas sa place ou la confiance qu'on place en lui et pas du tout le genre de personne que l'on rencontrerait dans une corporation réelle, pas du tout ...

Sports
En amérique, le Basket-ball, le Base-ball et le Football américain continuent à occuper une bonne part des créneaux horaires des chaines tridéo mais plusieurs nouveaux sports sont apparus ces dernières années. Ils sont davantages détaillées dans un autre fichier.

Talk Shows
Ils accueillent des invités qui cherchent à promouvoir leur dernier bouquin/simsens/film/ce que vous voulez ... Des private jokes et quelques cancans mineurs permettent de meubler le vide intellectuel et moral de ces émissions. 

Un des plus célèbres talk shows est "La cuisine de Tante Sally" (CBC) dans lequel les invités discutent dans une cuisine bidon tout en aidant Tante Sally qui les accueille à cuisiner des trucs incroyables qui terminent généralement sous forme de charbon, voire pire ... un très bon mélange d'immondices télévisuels et d'immondices gastronomiques.

Les shows à thème prétendent depuis des décennies vous donner ce qu'il y a de plus hot dans le domaine ou ils sont censés exceller : sports, sexe, cinéma, violence urbaine ... les  invités étant des gens plus ou moins impliqués dans le domaine en question. Sur NBS, Jermaine Jerard de Seattle avec son show "Heavy Hitters" vient d'obtenir une excellente audience récemment. Son show est censé accueillir des shadowrunners extérieurs au 'plexe qui débattent de la sécurité corporatiste avec des gardes corpo !! Le mois dernier, un chamane des rues a conjuré un esprit qui a lancé Jermaine tète la première dans la caméra 1 et tout le monde est fixé à son show au cas ou quelque chose de similaire se reproduirait.

Newsnet est la chaine ou les talk-shows sont les plus corrosifs et les invités célèbres prennent souvent le temps d'appeler leurs avocats en sortant des studios. Enfin, un bon nombre de chaines religieuses animent des talk shows nettement plus conservateurs et moins racoleurs, si on s'intéresse à ce que les curés de tous bords considèrent comme étant hot ...

Bien sûr, les shows impliquant la participation téléphonique des tridéospectateurs sont ceux qui remportent le plus de parts de marché mais les systèmes experts qui gèrent les communications sont effectivement experts en ce qui concerne le dépistage et la censure des spectateurs un peu trop en marge de la ligne de l'émission.

Desert Wars
Depuis une dizaine d'années, certaines corporations et nations ont décidé de régler une partie de leurs conflits dans des campagnes militaires restreintes et c'est ainsi que sont nées les Guerres du Désert (qui permettent également de tester de nouveaux équipements et de dégager pas mal de bénéfices avec les droits de distribution et de rediffusion). Deux fois par an, la Cour des Affaires de Zurich-Orbital et l'ONU isolent un secteur inhabité de la planète (la plupart du temps il s'agit des déserts de Lybie ou du Sahara mais le désert californien de Mojave y a également eu droit) ou divers opposants vont s'affronter.

Les participants à une Desert War peuvent aller de deux à plusieurs dizaines de compagnies et d'états impliqués. Les bélligérants s'entendent aux préalable sur l'identité des adversaires, la zone de conflit, les conditions de victoire, le type de forces impliquées, le matériel et les renforts autorisés et ainsi de suite. Les Désert Wars ont plusieurs intérets aux yeux des participants :

- entretenir leus forces armées en les faisant participer à des conflits limités mais réels, juste au cas ou un conflit moins limité verrait le jour
- tester de nouvelles stratégies et de nouveaux équipements
- se faire de la pub et dissuader certaines personnes de se frotter à leurs troupes aguerries
- se faire du pognon gràce aux droits de retransmission en direct ou en différé
- humilier leur adversaire désigné ou en tout cas l'obliger à dépenser pas mal d'argent pour reconstituer ses forces armées (argent qui ne servira pas à monter une OPA par exemple ...)

Les Desert Wars sont un peu plus civilisées que les véritables guerres qui secouent continuellement certains coins de la planète et les entités désireuses d'y participer mais ne possédant pas de forces armées homologuées peuvent toujours recruter certaines compagnies mercenaires accréditées ou faire appel à des troupes corporatistes agrées comme celles d'Ares Arms par exemple.

Outre la publicité considérable mise en jeu dans les Desert Wars, il faut également compter avec tous les paris officiels et clandestins (selon la législation locale) qui ont lieu sur l'issue des conflits.  L'un dans l'autre, seul le perdant d'un conflit et tous les types qui sont morts dans l'opération ont des raisons de se plaindre.